
Mon chemin
Depuis mon enfance, je me suis senti différent.
C’est à 23 ans que tout s’est éclairé. Mon fils souffrait de coliques — ces douleurs au ventre qui épuisent les nourrissons et désarment les parents. Trois soirs d’affilée, en rentrant du travail, je le prenais dans mes bras. Et trois soirs d’affilée, en quelques instants, il s’apaisait. C’était une évidence — quelque chose passait par mes mains. Je ne savais pas encore ce que c’était, mais je le ressentais.
En 2012, un drame est survenu, j’ai perdu mon fils aîné. De cette douleur indescriptible qu’aucun parent ne devrait jamais avoir à traverser, est né quelque chose d’inattendu — une certitude : accompagner ceux qui souffrent vers leur libération serait mon chemin. Rien d’autre n’aurait eu ce sens — et aujourd’hui encore, je ne pourrais être ailleurs.
Ce tour du monde, je l’ai entrepris pour me rencontrer. Avant de partir, une amie, femme de grande spiritualité, reconnue dans son domaine, m’avait chuchoté ces quelques mots : Tu n’en as pas besoin — car tu l’es déjà. Je souriais sans vraiment saisir. Sur ce chemin, les chamans, curanderos et guérisseurs rencontrés m’ont reconnu comme leur pair, dans leur langue, de vive voix. Cette reconnaissance a été la petite étincelle qui me manquait — la juste confiance pour me mettre à l’œuvre, pleinement, avec le cœur. Aujourd’hui, je comprends enfin ce qu’elle savait déjà.
Au fil de mes accompagnements, une évidence s’est imposée : il ne s’agit pas de guérir. Il s’agit d’abord d’être là — pleinement présent, avec le cœur. Rien d’autre. C’est dans cet espace de paix et d’accueil que l’être peut enfin laisser émerger ce qui attend d’être révélé. C’est là que prend tout son sens cette phrase de Platon, que j’ai faite mienne au fil du temps :
« Les maux du corps sont les mots de l’âme. Ainsi, il ne faut pas chercher à guérir le corps sans d’abord écouter l’âme. »
Parce que ce qui libère vraiment, ce n’est pas de soulager la surface — c’est d’aller toucher la cause profonde, celle qui attend dans l’ombre.
Ce tour du monde m’a déposé, en 2024, sur l’île Maurice — la terre de mes ancêtres. Ce n’était pas prévu. Mais le cœur en a décidé autrement. Prendre soin du peuple de cette terre est une évidence. Et transmettre l’est tout autant — former ceux qui portent des capacités sans le savoir, qui ressentent un mal-être sans comprendre que c’est leur chemin qui les appelle. En présentiel à Maurice, ou en visio pour les francophones du monde entier — car cette mission est sans frontières.
Si ces mots vibrent en toi, c’est que le moment de ton déploiement est sans doute venu. Cette petite voix qui t’invite à aller vers toi, cette fatigue de porter seul ce qui est trop lourd — écoute-la. Elle sait. Tu mérites un espace où tu peux enfin te déposer, être vu dans ta totalité. Viens, pas parce que tu es prêt, mais parce qu’une partie de toi l’est déjà.
